Une lumière d’espoir pour un pays qui se développe

Dans le cadre de la Vision 2040-2060 du Burundi, qui trace la voie d’un développement inclusif et prospère, l’accès à l’électricité s’impose comme un pilier incontournable. Sans énergie fiable, aucun progrès économique ou social n’est envisageable. C’est pourquoi le Gouvernement burundais s’est fixé l’ambitieux objectif de porter le taux d’accès à l’électricité à 70% d’ici 2030. Le projet d’électrification de 36 localités, exécuté par la REGIDESO, apparaît ainsi comme un moteur majeur de cette ambition nationale.

Des centres de la province de Buhumuza, dans les communes de Muyinga et Butihinda, bénéficient déjà de l’électrification. Partout où il est déployé, ce projet transforme les réalités locales. La population exprime sa joie et son espoir retrouvé, après des années d’obscurité qui rendaient impossible la réalisation de nombreux projets. Les artisans reprennent espoir, les activités reprennent le soir, et une nouvelle dynamique de développement s’installe.

La population évoque les dures conditions dans lesquelles elle vivait avant l’arrivée de l’électricité. Ils faisaient face à des contraintes quotidiennes dues au manque d’énergie stable. Ils dépendaient de torches, des bougies, des groupes électrogènes onéreux ou des solutions solaires inadaptées, surtout en saison pluvieuse.
Cela freinait les activités commerciales, les tâches administratives et sociales. Les activités s’arrêtaient dès la tombée de la nuit, sans éclairage ni puissance adéquate. Imprimer, souder, broyer des grains ou réparer des équipements exigeait de longs déplacements, générant frais et retards conséquents.

Contexte avant l’électricité

MUTEZINKA Aline habitant de la colline TANGARA témoigne : « Avant pour faire moudre nos céréales et préparer la pâte, il fallait faire des kilomètres jusqu’à Kobero un déplacement long et coûteux. Beaucoup de familles ne pouvaient même pas se permettre ce service. Certains, après une longue journée aux champs, rentraient trop tard et n’avaient pas le temps de piler le manioc : ils passaient la nuit sans manger. »

Elle a poursuivi : « D’autres, dès qu’ils ont un peu d’argent, ils achètent de la farine de manioc à la boutique… alors qu’ils ont du manioc à la maison qu’ils pourraient juste amener au moulin pour le faire broyer. » 

MUTAYISIRE Beata, agricultrice, éleveuse et tenancière d’un cabaret de la colline kamaramagambo est du même avis : « Avant l’arrivée de l’électricité, nous vivions dans des conditions très difficiles. Certains dépendaient de panneaux solaires, qui ne sont pas accessibles à tout le monde ; d’autres, de torches ou de bougies. Moi, dans mon cabaret, je ne pouvais pas utiliser une bougie, alors je me suis débrouillé et j’ai acheté une plaque solaire qui n’éclairait pas bien, surtout pendant la saison pluvieuse. »

Elle a ajouté qu’à kamaramagambo ils étaient sur le point où pour charger le téléphone, il fallait payer 2 000 FBU, et se faire coiffer coûtait 5 000 FBU, mais qu’aujourd’hui, tout cela est devenu très facile avec la venue de l’électricité.

Elle a ajouté ainsi que dans son cabaret, elle dispose environ six prises, et quand un client vient avec son chargeur, il boit tranquillement son verre en chargeant son téléphone.

Progrès concrets dans les activités socio-économique et administrative

L’arrivée de l’électricité s’accompagne de progrès concrets dans le domaine social et économique : la population vit désormais dans la lumière et les artisans se mettent à créer de petites entreprises génératrices de revenus qui dépendent de l’électricité, ce qui dynamise l’économie, tant au niveau local que national, comme l’indique NIYONIZIGIYE Dieudonné : secrétaire exécutif communal de la commune Muyinga : «l’arrivée de l’énergie illumine les foyers et booste les activités économiques génératrices de revenus, telles que la soudure, le broyage de céréales ou d’autres tâches nécessitant du courant

Il a ainsi ajouté que Lorsqu’on passe dans ces centres vers la tombée de la nuit, on constate une transformation où ces lieux ressemblent désormais à une ville éclairée où la population rayonne de joie. Aussi, même dans les échanges avec eux, leur bonheur face à cette électricité est palpable.

Il a aussi précisé que L’électricité facilite tant d’activités que les recettes fiscales ont nettement augmenté, grâce à la multiplication des initiatives économiques dépendant de l’énergie.

Par ailleurs, NIYOKINDI Oscar, conseiller du chef de zone Mwakiro, chargé des relations sociales, économiques et du développement ajoute : « Il y avait des bureaux équipés d’ordinateurs que nous ne pouvions pas utiliser correctement avec l’énergie solaire : en saison pluvieuse, la production d’électricité diminue, et cela bloquait la plupart de nos activités administratives et de suivi. »

Il a poursuivi : « On peut également parler des églises qui disposent d’instruments de musique, comme des pianos, que l’énergie solaire ne permettait pas de faire fonctionner de façon fiable. Dès que l’éclairage ou la puissance solaire baissait, ces instruments cessaient de marcher, ce qui perturbait les célébrations et la vie communautaire. Aujourd’hui, on peut témoigner qu’à l’heure de l’électricité, les choses avancent bien dans les églises comme dans les bureaux. Les activités se déroulent normalement, sans interruption liée à la perte de courant, et la vie quotidienne en est profondément améliorée. »

D’une autre coté, NIBIZI Spéciose, une infirmière de la colline Mwakiro ajoute : « Aujourd’hui, grâce à l’électricité pour nous les soignants qui prenons en charge les patients, cette lumière facilite énormément la tâche. Nous travaillons désormais à la lumière électrique, alors qu’auparavant nous dépendions de plaques solaires peu puissantes ce qui compliquait notre travail. »

Elle a affirmé que : « Avec cette électricité, nous anticipons un développement durable. Nous lançons déjà de nouvelles activités génératrices de revenus qui utilisent le courant sur notre colline, et nous espérons gagner beaucoup plus qu’avant. Cela signifie croissance, prospérité et un pas sûr vers la Vision 2040‑2060. »

Dans le domaine éducatif également, l’électricité a apporté une nette amélioration, comme l’affirme NDIKUMANA Matthieu, enseignant et habitant de la zone Mwakiro. Il atteste qu’aujourd’hui, grâce à l’électricité, il peut préparer les matières à enseigner et rédiger des interrogations tranquillement le soir, voire même pendant la nuit. Les élèves, de leur côté, révisent désormais leurs leçons le soir, dans de bonnes conditions, ce qui favorise la qualité de l’apprentissage.

Des entrepreneurs aussi témoignent de leur épanouissement dans le travail, une satisfaction qui stimule la production et améliore la qualité du service rendu aux clients. Dans la zone de Mwakiro, certains investissent désormais dans des équipements qui dépendent de l’électricité, pour diversifier leurs activités et créer de la valeur ajoutée à partir des produits locaux.

NDUWIMANA Bède, entrepreneur, président d’une coopérative qui fabrique du vin à base de jus d’ananas de la zone Mwakiro, témoigne : « Avant, certaines machines nous étaient inaccessibles parce qu’elles nécessitent l’électricité. Maintenant que nous en disposons, nous prévoyons d’installer une machine pour presser les ananas, ainsi que d’autres équipements qui faciliteront différents travaux dans notre activité. Cela va augmenter notre niveau de production au sein de la coopérative, mais aussi améliorer le service offert à nos clients. »

La population remercie vivement l’État du Burundi pour ce projet, et pour avoir pensé à électrifier précisément ces localités, longtemps perçues comme éloignées et oubliées. Ces habitants, qui n’imaginaient pas un jour être électrifiés, demandent instamment que l’État poursuive l’extension du réseau vers d’autres localités encore non desservies, surtout les plus reculées.

Aujourd’hui, la population vit une transformation visible, les regards sont empreints d’espoir, l’enthousiasme est palpable, et chacun sent que l’on progresse résolument vers un développement durable, en lien avec la Vision 2040‑2060 du Burundi. Comme le souligne MUTAYISIRE Beata, bénéficiaire de ce projet : « Pour moi, sans même attendre 2040, le développement aura atteint un autre stade sur notre colline d’ici 2030. Nous remercions sincèrement l’État du Burundi pour ce progrès. Nous voyons que nous nous rapprochons de la Vision 2040‑2060 : ce que le pays nous a promis, il est en train de le réaliser. »

Ils remercient également la REGIDESO pour la mise en œuvre de ce projet, et surtout pour des éléments concrets qui marquent profondément les esprits dans leurs localités. Ils saluent en particulier le fait que la REGIDESO leur ait fourni des compteurs à un prix très bas, qu’ils considèrent comme un véritable don. Ils soulignent aussi avec satisfaction l’utilisation de poteaux métalliques, qui garantissent la solidité de l’installation, alors qu’ils n’avaient l’habitude de voir ailleurs, que des poteaux en bois.

NDUWIMANA Jacqueline, femme bénéficiaire du projet sur la colline Nyarunazi, confirme ce sentiment de reconnaissance : « On nous a donné de l’électricité et nous n’avons payé le compteur que 6 000 FBU. Un geste que nous qualifions de don, car l’avoir à ce prix, c’est comme l’avoir gratuitement. »

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Dr. Ir. Ltn Col. Jean Albert MANIGOMBA Téléphone: +257 62201000

L'ADMINSITRATION DE LA REGIDESO

PROJET JIJI MULEMBWE