De l’ombre au développement : témoignages électriques de Rutana-Gitega

Une amélioration dans la prise en charge des malades, des couveuses électriques pour les œufs de poule, des moulins électriques, des endroits bien éclairés, etc. Voici les retombées positives du projet « Accès à l’énergie phase 1 », qui vise l’électrification de 36 localités des communes réparties dans les différentes provinces du Burundi. L’État burundais a mis en place ce projet, financé par la Banque africaine de développement (BAD). Il est exécuté par la REGIDESO. La communauté locale des centres de Gitanga et Gakwende de la commune Rutana, dans la province de Bururi, et du centre de Ryansoro, dans la province de Gitega, exprime sa satisfaction. Selon la population, des progrès notables s’observent dans le développement socio-économique de leurs localités

Avant l’électrification, le quotidien de la population était difficile. Beaucoup de services n’étaient pas facilement accessibles dans ces localités en raison du manque d’électricité. Souvent, ceux qui en avaient les moyens se rabattaient sur des panneaux solaires, mais ceux-ci n’étaient pas toujours efficaces.

Le Dr Angelo Uwimana, directeur du centre de santé situé dans la zone de Ryansoro, commune Gishubi, province de Gitega, raconte que quand le soleil ne brillait pas assez fort, il n’y avait pas assez d’énergie pour éclairer tout l’hôpital et ils devaient abandonner l’usage de certains équipements. « Les équipements solaires sont très chers et tout le monde n’avait pas les moyens d’en acheter. Donc, cette électricité tirée de l’énergie solaire ne nous servait qu’à éclairer. »

« Mon travail de tous les jours consiste en l’élevage de poules et nous avons un incubateur ou une couveuse électrique pour les œufs de poule. Or, les couveuses électriques nécessitent beaucoup d’énergie pour bien fonctionner. Quand le soleil ne brillait pas assez fort ou lors des périodes pluvieuses, les couveuses s’arrêtaient de fonctionner faute d’énergie provenant des panneaux solaires », explique Bayumvire Methuselah, agro-éleveur dans la zone Gitanga de la commune Rutana, province de Bururi.

Il ajoute que moins d’énergie signifie une faible production. Il précise : « Chaque couveuse peut contenir 1 024 œufs qu’elle va faire éclore. Donc, s’il n’y a pas assez d’électricité, peu d’œufs éclosent et la production n’atteint pas sa capacité maximale. »

Qui dit électricité dit développement

Grâce à l’électrification, la communauté locale a vu ses conditions de vie s’améliorer. Des activités génératrices de revenus ont été créées, soigner les patients dans les hôpitaux est devenu plus professionnel et les élèves peuvent mieux réviser leurs leçons le soir. Désormais, la population envisage l’avenir sereinement, car pour elle, le développement est en marche.

« À l’arrivée de ce projet, nous en avons tiré un grand bénéfice. Premièrement, il y avait certains appareils à l’hôpital que nous n’utilisions pas. Mais maintenant, nous en faisons usage, par exemple les appareils de stérilisation des instruments, les réfrigérateurs, les couveuses pour nouveau-nés et les microscopes. Tout ce matériel est désormais utilisable grâce à l’électrification », narre le Dr Angelo Uwimana.

Il ajoute qu’en second lieu, l’hôpital est bien éclairé, car avec les panneaux solaires, il y avait des coupures répétitives d’électricité pendant la période des pluies. Il était donc difficile de prodiguer des soins aux femmes en train d’accoucher et à d’autres malades.

« La population de cette localité est en général satisfaite, car il y avait même ceux qui n’avaient pas les moyens de se procurer des panneaux solaires comme nous. Maintenant, les étudiants révisent mieux leurs leçons à la maison, les gens font leur cuisine dans des endroits bien éclairés et les téléphones portables sont faciles à charger », indique-t-il.

Selon Japhet Niyukuri, directeur de l’école fondamentale de Gakwende, sous-colline de Gakwende, zone Goma, commune Rutana, province de Bururi, les avantages de cette électrification sont multiples. « Par exemple, dans cette école que je dirige, il y a des cours qui nécessitent de l’électricité, comme ceux de sciences et technologies où les élèves font des expériences scientifiques. Nous utilisons maintenant les ordinateurs ici, sans être obligés de nous rendre au chef-lieu de l’ancienne province de Rutana. Nous avons aussi le projet d’éclairer toutes les salles de classe pour que les élèves puissent y réviser leurs cours le soir et ainsi renforcer leurs apprentissages. »

Il souligne que dans sa localité, la population vit maintenant dans des habitats bien éclairés et que de nouveaux business ont été créés dans cette zone. En outre, les moulins fonctionnent grâce à l’électricité ; l’usage du carburant pour ces machines a été abandonné et les prix pour faire moudre les graines ont diminué.

Même son de cloche pour Zorobabel Nsabiyumva, chef de la zone de Gitanga de la commune Rutana, qui estime que ce projet apporte beaucoup de bienfaits dans cette zone. « Les activités comme la soudure se sont développées ici. Nous n’avons plus besoin d’aller acheter des portes en fer à Kayogoro ou au chef-lieu de l’ancienne province de Rutana, des endroits assez éloignés où le transport était difficile. »

Nsabiyumva reconnaît qu’avec cette électrification, il est maintenant facile d’envisager des activités de développement comme la couture avec des machines électriques et les services informatiques, contribuant ainsi à la mise en œuvre de la vision de l’État burundais : « 2040 Burundi pays émergent et 2060 pays Burundi développé ».

Des sentiments de gratitude

La population remercie vivement l’État burundais d’avoir pensé à fournir de l’électricité. Elle exhorte l’État à continuer de s’occuper de sa population pour améliorer ses conditions de vie. Elle estime que la vision du président de la République du Burundi, prônant que « chaque bouche doit avoir de quoi manger et chaque poche de l’argent », est en marche.

Elle remercie également la REGIDESO, chargée de l’exécution de ce projet, car même après la mise en place, les techniciens de la REGIDESO effectuent un suivi pour relever les pannes et y remédier. Elle encourage la REGIDESO à œuvrer dans ce sens pour que cette électrification reste effective.

Elle indique que la REGIDESO les a sensibilisés en leur montrant comment protéger les installations électriques mises en place. Elle mentionne que ces derniers temps, une équipe de la REGIDESO est en train de réaliser la mise à la terre pour protéger leurs maisons.

Author

Dr. Ir. Ltn Col. Jean Albert MANIGOMBA Téléphone: +257 62201000

L'ADMINSITRATION DE LA REGIDESO

PROJET JIJI MULEMBWE