En présence de nombreux représentants d’autorités nationales et des partenaires du développement, le chef de l’Etat Evariste Ndayishimiye a inauguré la centrale hydroélectrique de Jiji dans la commune Songa de la province de Bururi le 24 Juin.
Avec sa capacité de production de 32,5 MW, La centrale hydroélectrique de Jiji est une composante du Projet hydroélectrique de Jiji et Mulembwe ainsi que les lignes et postes de transport et dont le coût total s’élève à 320 millions de dollars américains. La Banque africaine de développement a fourni un financement de 22 millions de dollars, la Banque européenne d’investissement (BEI) 36,6 millions de dollars, la Banque mondiale 149,4 millions de dollars, et l’Union européenne (UE) 95 millions de dollars. Le gouvernement du Burundi et la Société d’électricité du Burundi (REGIDESO) ont contribué, pour leur part, à hauteur de 16,7 millions de dollars.
En comptant la centrale de Mulembwe qui sera opérationnelle dans les prochains mois, les deux centrales burundaises auront une capacité installée totale de 49,5 mégawatts et une production annuelle estimée à 235 gigawattheures d’énergie propre. Elles fourniront de l’électricité à 15 000 foyers, 7 000 entreprises et 1 700 installations industrielles. Cette capacité nouvelle permettra non seulement d’améliorer l’accès à l’électricité pour des milliers d’habitants, mais aussi de stimuler la productivité dans les secteurs clés tels que la santé, l’éducation, l’agro-industrie et les TIC.
Une avancée majeure
Lors de la cérémonie de l’inauguration, le président Evariste Ndayishimiye déclare :« L’année de 2025, c’est le point de départ et notre premier pas pour la mise en œuvre et l’atteinte à la vision Burundi Pays Émergent en 2040, Burundi Pays Développé en 2060 ». En 2020, j’ai annoncé qu’on va faire tout ce qu’il faut pour augmenter la production de l’électricité au Burundi. Dans une année, nous venons de tripler la capacité énergétique de ce qu’on avait en 2020, avec l’inauguration de MUBUGA, KABU 16, et bien d’autres. Cette électricité est destinée à la production. Comme, nous avons un rendement agricole élevé, nous allons commencer à construire des usines de transformation agricole pour exporter des produits finis à l’étranger. Avec cette énergie, nous pouvons aussi commencer à songer à l’exploitation de nos réserves minières. »
« En tant que partenaire historique du Burundi, la Banque africaine de développement est fière d’avoir contribué à la réalisation de ce projet structurant, en parfaite cohérence avec ses priorités stratégiques, les Hi-5. Nous sommes convaincus que cette infrastructure emblématique, élargira l’accès à une énergie fiable et abordable, au service d’un Burundi durablement prospère » a déclaré Pascal Yembiline, Responsable pays de la African Development Bank Group au Burundi.
Edward Claessen, chef du Hub régional de la BEI pour l’Afrique de l’Est, a quant à lui affirmé : « Le fait que le projet de barrage Jiji et Mulembwe soit un projet d’énergie renouvelable, réduisant la dépendance aux combustibles fossiles importés, est particulièrement significatif. Notre financement pour ce projet faisait partie de la stratégie de l’Union européenne pour développer des infrastructures propres et durables en Afrique et il est également aligné sur les efforts de décarbonisation, dont les entreprises ont besoin pour croître ».
Hawa Cisse Wagué, Représentante de la Banque mondiale au Burundi a ajouté que : « La centrale hydroélectrique de Jiji ainsi que les lignes et postes construits dans le cadre du projet ne sont pas des infrastructures comme les autres. Cette infrastructure vient comme une solution pour le développement économique et social du Burundi. Elle représente un levier fondamental pour l’amélioration de l’accès à l’énergie pour nos populations, l’industrialisation, la création d’emplois ainsi que la croissance économique »
Elisabetta Pietrobon, Ambassadrice et Cheffe de délégation de l’Union Européenne au Burundi, a souligné que : « L’énergie demeure une priorité cardinale dans le développement et dès lors dans la coopération de l’Union européenne. C’est pourquoi l’UE, ses Etats membres et ses institutions ont soutenu ce projet depuis ses prémices, incluant le financement des différentes phases de conception et de réalisation, jusqu’à la mise en place des infrastructures et équipements. »
L’ensemble des partenaires au développement du Burundi ont unanimement réaffirmé leur engagement à accompagner le pays dans ses efforts de transformation, sur la voie de sa vision stratégique : devenir un pays émergent à l’horizon 2040 et un pays développé d’ici à 2060.
Un salaire revu à la hausse ?
Le président a salué les performances de la REGIDESO et évoqué une possible augmentation de salaire pour ses employés.
Il a déclaré : « Son directeur général m’a confié qu’après Mulembwe, ils projettent de construire un autre barrage avec leurs propres revenus. C’est la preuve que les fonds générés ne sont pas gaspillés, mais réinvestis intelligemment. »
Revenant sur ses critiques passées, il a rappelé : « J’étais parmi les premiers à dénoncer cette entreprise. L’État construisait les barrages, puis en confiait la gestion à la REGIDESO, sans contrepartie claire. »
Aujourd’hui, il félicite les progrès réalisés : « Ils injectent désormais leurs ressources dans des projets concrets comme Kabu-16 ou la distribution depuis Ruzibazi. Les résultats sont visibles. »
Et d’ajouter : « Je vous soutiens. Continuez à travailler dur, et je continuerai à vous féliciter, même si certains en deviennent jaloux. Vous travaillez jour et nuit pour peu. Il faut vous motiver. »
Il a enfin appelé la REGIDESO à accélérer l’électrification nationale et invité les partenaires à renforcer les compétences locales dans le secteur de l’énergie.


















